La réfection de la peinture de la Tour Eiffel (1924)

La réfection de la peinture de la Tour Eiffel (1924)

Parmi les trésors disponibles dans Gallica, bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires, figurent des photographies représentant la réfection de la peinture de la Tour Eiffel en 1924.

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Après avoir mis en doute la nécessité et la beauté de la Tour Eiffel construite pour l'Exposition universelle de 1889, les Parisiens s’habituent à sa silhouette dont ils ont fait un point de repère. À la mort de son concepteur (Gustave Eiffel), fin 1923, les journalistes soulignent que « l'araignée de fer » est devenue indispensable : elle attire les touristes, offre une vue sans équivalent sur Paris, et permet la télégraphie sans fil.

Repeindre la tour Eiffel tous les dix ans

Pour des raisons esthétiques, et surtout pour protéger la structure métallique, il faut repeindre la tour tous les dix ans. La peinture doit être appliquée très soigneusement en trois couches et au pinceau. Trente à cinquante personnes y travaillent pendant plusieurs mois, véritables funambules. La presse s'intéresse rituellement aux essais de couleur (ont été expérimentées les teintes feuille morte, jaune soleil, bleu ciel, etc.) et aux chiffres impressionnants de la réfection, comme celui des 60 tonnes de peinture nécessaires. Les reporters les plus téméraires suivent l'ascension des peintres, accompagnés de dessinateurs ou de photographes. En 1924, l'Agence Meurisse envoie un photographe qui prend des clichés impressionnants, car ils montrent des hommes peu protégés des risques importants de chute. La Revue hebdomadaire en publie un sous-titré « Les peintres de la tour Eiffel travaillant à trois cents mètres de hauteur ».

L'Humanité se préoccupe du sort des peintres

L'Humanité est l'un des rares quotidiens à s'inquiéter du sort de ces hommes. Fustigeant les « centaines de milliers de francs employés à retaper une curiosité », un de ses journalistes déplore le 11 juillet 1924 les salaires dérisoires des peintres dont les acrobaties procureraient des sommes pharamineuses à des acteurs de cinéma ! Il indique : « Un faux pas, un mouvement mal calculé et c'est la mort. Mais ils ne s'en soucient pas, Ils chantent, sifflent, blaguent. On parle bien souvent des héros de la guerre. Qui glorifiera un jour les héros du travail ? »

Agnès Sandras, département Philosophie, Histoire, Sciences de l’homme de la BnF

Réfection de la peinture de la Tour Eiffel : [photographie de presse] / Agence de presse Meurisse. BnF, département des Estampes et de la Photographie, EI-13 (2761)